Religion: les patrons craignent d’être accusés de discrimination

Le fait religieux provoque peu de conflits en entreprises mais les employeurs jugent, qu’en cas de problème sérieux à régler, ils redouteraient d’être la cible d’une plainte pour discrimination.

Selon une enquête réalisée conjointement par l’Institut Randstad et l’Observatoire du Fait Religieux en Entreprise (OFFRE), les problèmes liés à une appartenance religieuse sont peu courants dans les milieux professionnels en France. Autrement dit, les salariés restent discrets sur la nature de leur confession e font en sorte que les principes liés à leur croyance ne transpirent pas sur la vie de l’entreprise.
Selon ce sondage, seuls 12% des salariés et employeurs se disent régulièrement confrontés au fait religieux sur leur lieu de travail. 36% affirment en être témoin « quelques fois par an ou par trimestre », et 56% « jamais ».

Comment gérer un conflit religieux ?

En règle générale, les employeurs n’ont pas à gérer de gros conflits de nature à bloquer les relations avec un membre de leur effectif. Lorsqu’un  fait religieux se fait jour, il s’agit, dans 16% des cas, d’une demande de congés pour participer à une fête religieuse, ou pour aménager le temps de travail (13%), ou encore d’obtenir une autorisation pour  entrer en prière. Très peu d’employeurs ont eu à gérer une crise liée, par exemple, au refus d’un salarié de travailler sous les ordres d’une femme ou avec un de ses collègues, pour des raisons religieuses (3%).

Si la religieux crée, au final, peu de désordres dans l’entreprise, la loi donne, on le sait, peu de moyens d’intervention aux employeurs du secteur privé où les signes confessionnels ne sont pas spécifiquement interdits, contrairement à la règle en vigueur dans le secteur public. 73% des managers interrogés estiment qu’intervenir sur un fait à résonnance religieuse est « plus délicat à gérer » que d’autres types de conflits professionnels. : 40% redoutent la menace d’accusation de discrimination, 27 % craignent la remise en cause de la légitimité de l’entreprise et 14% invoquent « le refus du dialogue ».

Selon l’étude de Randstad et de l’OFFRE, « la question de la prise en compte du fait religieux par l’entreprise et le management est donc complexe. Y répondre nécessite d’articuler neutralité et respect des personnes ».

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